Photos de la conférence avec Christine Boutin à Lyon
Jeudi 11 décembre 2003 - Salle "l'Embarcadère"
En présence des députés UMP du Rhône, des fédérations UMP et FRS du Rhône ainsi que de nombreuses associations locales.
UMP Fédération du Rhône
Commission Actions Sociales
Compte rendu de la réunion du 11 décembre 2003
Visite de Madame le Député Christine BOUTIN
A l’embarcadère, Lyon 2ème
En présence de :
Agnès GARDON-CHEMAIN, responsable de la commission actions sociales,
Michel TERROT, Député du Rhône,
Christian PHILIP, Député du Rhône,
Yoland BRESSON, Professeur honoraire d’économie à la faculté de St Maur,
M.F. CAMUS-LIMAGNE, présidente de l’association Le Phare,
Et de plus de trois cent participants.
Préambule :
Christine BOUTIN remercie les membres du Forum des républicains sociaux et de l’UMP présents, et rappelle qu’actuellement deux députés adhèrent à ce Forum.
Accueil de Michel TERROT, présentation de Christine BOUTIN :
Elle est une femme reconnue pour son caractère et ses actions, elle termine sa mission confiée par le Premier Ministre, Jean Pierre RAFFARIN, afin d’établir un rapport sur l’isolement en France. Elle est parlementaire depuis 1986, conseiller général des Yvelines depuis 1982.
Accueil d’Agnès GARDON-CHEMAIN :
Le sujet abordé ce soir est difficile. Agnès rappelle aux participants de la soirée le rôle de la commission actions sociales sur des sujets comme la réforme des retraites, le financement de la Sécurité Sociale, les personnes âgées, le handicap, RMI et RMA, la bioéthique. Agnès lit ensuite un extrait de la lettre du Premier Ministre envoyé à Christine BOUTIN.
Exposé de Christine BOUTIN :
Le rapport a été demandé en avril 2003 par J.P. RAFFARIN, suite à une préoccupation gouvernementale (donc bien avant la canicule de cet été, le sujet était déjà d’intérêt public).
Ce rapport est donc le résultat d’expériences. Suite à sa campagne pour les dernières présidentielles en avril 2002, C. BOUTIN avait noté les principales préoccupations des français :
« Quel est le sens de ma vie ? », « Que font les politiques ? ».
I- Comment définir le lien social ?
1) Pour cela il faut commencer par regarder les cas limites, pour se faire une idée de la réalité.
On trouve la problématique du suicide : il y an France par an 10 à 12 000 suicides effectifs, et 160 000 tentatives de suicide. La dépression concerne 19% de la population dans sa vie, 40 à 50% des dépressifs ne sont pas diagnostiqués.
30 à 50 000 jeunes ont en errance, totalement déstructurés.
10% de la population active est au chômage.
1,5 millions des personnes travaillant sont en dessous du seuil de pauvreté.
3 SDF sur 10 ont un travail.
Il apparaît donc un mal être évident.
2) Le lien social se délite en France. Il y a une succession de fractures, d’isolement (C.B. image son discours avec de nombreux exemples).
Qu’avons-nous désormais en commun, nous, Français ? Plus grand chose, nous évoluons dans une société trop individualiste. Cependant nous avons tous peur de quelque chose, peur rarement exprimée… Pourquoi ?
Il faut avoir conscience des profondes modifications du 21ème siècle, qui pourront sûrement être comparées à la période de transition entre le Moyen Age et la Renaissance.
Les 3 liens permettant la cohésion sociale se transforment :
a) La relation au temps :
On y court après, et la société va de plus en plus vite. Tout est fait pour aller vite, rien n’est prévu pour les personnes à mobilité réduite (personne âgée, handicapé, accidenté avec des béquilles…). Il faut pourtant savoir que cela n’a pas toujours été le cas. Le problème est surtout objectif, en terme d’économie.
b) La relation au travail :
Tout le monde a une vision linéaire et croissante du travail : apprentissage, vie professionnelle, repos.
En réalité ce n’est pas le cas, le travail est constitué de périodes de développement et de récession, aussi bien au niveau mondial, que social ou économique. La réalité du travail est une sinusoïde sans aucun rapport avec la vision de chaque individu.
Nota Bene : notion de travail et d’emploi :
Travail : il y en aura toujours, il se mécanise, s’informatise, se robotise.
Emploi : c’est la valeur ajoutée du capital humain faisant progresser le travail.
c) La relation à l’argent :
Il y a encore 30 ans, accroître son capital était un signe de réussite. Aujourd’hui les aspirations ont différentes. L’argent est devenu indispensable pour pouvoir échanger et rencontrer les autres.
Conclusion :
Nous sommes donc devant une crise fondamentale sapant le lien social.
II- Les piliers du lien social
Ils sont au nombre de 4 : sens, reconnaissance, clarté et appartenance. Ils sont tous les 4 remis en causes, il est donc nécessaire de les réhabiliter.
a) sens – de la transmission = esprit de famille, éducation.
b) reconnaissance = rétablir la confiance (à l’opposé du règne de la méfiance dans lequel nous sommes).
c) clarté = confusion sur qui est responsable de quoi, les missions ne sont pas clairement définies, manque de transparence, administration trop lourde, système éducatif à l’opposé de ce qu’enseigne la société.
d) Appartenance = promouvoir une citoyenneté apaisée, c’est le travail des politiques. Il s’agit ici de rétablir le lien entre le citoyen et le politique.
Il en découle une quarantaine de propositions afin de répondre à la fragilité de ces 4 piliers, mais ces propositions ne répondent pas à toutes les questions.
La France a besoin ‘un projet, d’un souffle à long terme.
D’où l’idée du Dividende Universel, basé sur la richesse du pays. En France il peut s’élever à 300€ par personne et par mois d‘après les économistes. Il sera versé à chaque citoyen, de façon inconditionnelle, parce que l’on existe (droit civique) et non pour que l’on existe (droit social).
Cette idée n’est pas nouvelle. Elle est née en 1796, pendant la révolution française. Il fonctionne déjà en Alaska depuis plus de 3 ans, il se met en place en Irlande, au Brésil et en Afrique du Sud.
Le DU se base sur 2 principes :
- le constat du niveau de vie : c’est un calcul dans l’espace et le temps (il se transmet)
- la rencontre de 2 personnes est porteuse de richesses….
Exemple : je te donne 1€, tu me donnes 1€, nous avons chacun 1€. Par contre si je te donne une idée et que tu m’en donnes une, nous avons chacun deux idées !
Le DU consacre donc la valeur de toutes les vies, il reconnaît la dignité de la personne, il consacre la rencontre comme porteuse de richesses.
III- Le financement du Dividende Universel
(Par le Pr. Yoland BRESSON)
Les voies les plus logiques pour financer ce DU sont : augmenter les impôts (hors de question) et diminuer les dépenses publiques (difficile à mettre en œuvre).
Il faut donc partir sur une autre voie.
Pourquoi ne pas financer ce projet sur la rente du capital matériel, humain et social ?
Actuellement la société est individualiste : les individus se regroupent en famille, association, entreprises…
Pourquoi ne pas imaginer la société comme être vivant, dont les individus constitueraient les cellules, et dont l’énergie pour fonctionner serait la monnaie ?
Cela implique un changement dans le mode de distribution, ce qui est un frein en France.
Pour financer le projet nous avons besoin de 216 milliards d’euros. L’idée est donc de les emprunter aux différentes banques de France, à taux d’intérêt réduit (1%), sur une durée indéfinie. La mise en place se fait petit à petit, par tranche de 60€ par personne et par mois, sur 5 ans pour atteindre les 300€. L’état donnera 10% des liquidités du ratio nécessaire. Le projet est totalement viable, il a réussi de manière spectaculaire en Alaska.
Tout le problème consiste à changer les mentalités des français et de leur faire comprendre le bien fondé de ce projet…
Cet exposé s’est ensuivi d’un débat avec les participants, abordant des thèmes variés comme la drogue, le RMA, les 35 heures….